Aujourd’hui, nous analysons comment le roman « La Fractale des raviolis » a inspiré les peintres à travers les époques.
Le Rat-taupe nu, personnage central du roman a inspiré Brueghel l’Ancien (1525-1569), à qui on doit plusieurs représentations de l’animal. Il faut comprendre qu’à la renaissance flamande, les autres thèmes abordés par le livre (adultère, crimes) étaient censurés par la religion. Le peintre s’est donc concentré sur l’étude de l’animal.

Malgré son sujet prosaïque, cette peinture a été vivement critiquée par l’église. Le sujet étant trop « terrien » et pas assez Divin. Dans une seconde toile, Brughel afflube donc le rat-taupe d’une main humaine qui pointe quelque chose dans le ciel : une divine apparition symbolisée par l’éclaircie.

Un peu plus tard, en 1634, Rembrandt (1606-1669), grande figure de la peinture baroque flamande, modernise le modèle. Une peinture « naturaliste » dont le peintre n’était pourtant pas habitué.

Il faudra attendre Vermeer (1632-1675) pour voir apparaître pour la première fois la représentation des raviolis empoisonnés. Sur cette toile désormais classique, on voit un homme manger de façon tout à fait anodine. Il faut remarquer sa bouche fermée et son air suspicieux : il ne mange pas mais renifle le ravioli ; l’amande en premier plan – rappelle l’odeur du cyanure et symbolise le poison. Symbole repris par les manches vert amande de sa veste. Les deux bougies indiquent le manque d’harmonie (il manque la troisième pour former la trinité) – cela renvoie au péché de l’homme (son adultère, non explicitement représenté).

A la même époque, une toile non identifiée, mais probablement peinte par un des élèves de Vermeer représente l’autre verso de la pièce : la femme préparant les raviolis. L’homme masqué sur la gauche représentant le mal, l’homme souriant sur la droite, la luxure. La femme semble appliquée, sûre de son geste qui s’avérera fatal.

Le thème des raviolis empoisonnés est resté un classique. Dans sa toile exposé au MET, Norman Rockwell (1894-1978) revisite le mythe en montrant cette fois-ci les deux protagonistes.

Cette toile peinte en 1952 a créé la polémique à cause du visage trop cruel de la femme. Les mouvements féministes de l’époque lui ont reproché une inversion des rôles. La femme bafouée se trouvait être la mégère d’un mari volage. Simple machisme ou complaisance de la part du peintre ?
Sa seconde toile (1954) reçut un accueil beaucoup plus favorable. L’épouse regarde son mari manger les raviolis empoisonnés d’un regard plein de regrets et d’amertume. Au fond, un homme regarde au travers de la vitre. Il symbolise la censure américaine en plein McCarthysme.

Je proteste!, les pâtes alimentaires que les personnages ingurgitent ne sont pas des ravioli, mais bien des spaghetti! (😉🤣 je plaisante)